Sous mon toit

Le deuil de la jeune maternité

Enfants en bas en âge

Il m’est infiniment difficile de me départir des choses qui ont servi à mes enfants. C’est pratiquement comme donner une partie de moi. Je peine à croire que les doudous qui ont réchauffé le coeur et les membres de mes bébés puissent quitter notre maison, que les jouets sur lesquels ils ont fait leurs dents sortent de nos vies, que la poussette qui les a trimballés ici et là soit entre les mains d’une autre maman. 

J’ai pensé que ce serait plus facile si je donnais mes précieuses choses à une personne pour laquelle ça ferait une différence. Et je l’ai fait, j’ai donné à une maman en devenir pour une troisième fois tellement d’articles de bébé qu’elle ne voyait plus rien dans la lunette arrière de sa petite voiture lorsqu’elle a quitté ma cour, pleine de reconnaissance et sans manquer de me faire une grosse accolade pour me remercier. 

Mais ça ne m’a pas empêché de pleurer longtemps après qu’elle soit partie. Et surtout, ça ne m’a pas empêché de retenir au moins une demi-douzaine de choses que je jugeais encore « utiles » devant ses yeux. Elle a eu l’amabilité de ne pas me juger, soulignant qu’elle était passée par là après ses deux premières grossesses, la troisième étant une surprise dans le contexte d’un retour aux études. De son côté, elle avait tout donné à une maman qui avait perdu la totalité de ses biens dans un incendie. J’étais contente que la vie, par le biais de mon conjoint et moi, lui rende sa générosité. 

Mais la peine a quand même été là. Comme elle l’a été à chaque fois que quelque chose qui a vu mes enfants grandir a franchi ma porte pour ne plus revenir. Et là, ce soir, je suis allée jusqu’à faire une scènette à mon copain qui a vendu la poussette. On pourrait croire qu’il l’a fait à mon insu pour que ça me mette en colère, mais non. C’est moi qui lui ai rappelé de la prendre en photo pour la mettre sur les petites annonces. Je lui ai reproché de ne pas avoir compris que je n’étais pas prête par quelques phrases lancées ici et là, notamment que Philibert ayant trois ans bientôt quatre, pourrait encore l’utiliser (sa soeur, âgée de six ans, y séjournait encore de temps à autre). Il m’a trouvé dure à suivre. À juste raison, mais j’adorais cette poussette et, surtout, tout ceci me rappelle que je ne promènerais probablement jamais plus mes enfants grandissant en poussette et, là maintenant, c’est un deuil trop lourd à porter. 

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