Sous mon toit

Arrivée à Paris à 9 h 18 heure locale

BoulogneJe m’ennuie d’être dépaysée. D’avoir un sac à dos trois fois trop lourd et trop gros pour moi pendant que je trace un itinéraire au gré de mes envies, de mon maigre budget surtout, en Italie par exemple. Ou de cette fois où je suis allée rejoindre mon amoureux en France avec, pour prétexte, un stage en édition. Je me trouvais absolument incroyable de prendre l’avion seule. En fait, je le prenais avec James Blunt qui, depuis trois mois me répétait en boucle, soit depuis le départ de Christian, que j’étais belle. 

Ma mère m’avait déposé à l’aéroport de Montréal avant d’aller chez IKEA se bâtir une cuisine en pièces détachées. J’avais passé la 40 à tenter de me convaincre que tout irait rondement, que je ne ferais pas plus d’attaques de panique que je ne m’écraserais dans l’océan. Je me rappelle précisément du moment où j’ai vu la minifourgonnette de ma mère s’éloigner devant le terminal et du fragment d’hésitation que j’ai eu à tenter de la retenir, pleinement consciente que la responsabilité d’arriver à bon port ne revenait désormais qu’à moi.

Une fois enregistrée, une blonde longiligne dont l’ensemble du look et de l’attitude racée évoquait le prestige, et qui ne manquait pas de nous rappeler par son port de tête qu’elle était en classe affaire, m’a assez captivée pour que je pense à elle plutôt qu’à la crainte que j’avais de monter dans l’engin. Cent fois j’ai du faire le scénario de sa vie plutôt que celui de ma fin tragique imminente. Il faut dire que j’ai une fascination sans borne pour les gens qui sont beaux et à qui tout semble sourire.

Je suis montée dans l’avion, satisfaite d’être près du hublot. Inapte au sommeil, j’ai traversé l’océan en me faisant à plusieurs reprises le constat que le petit point qui représentait l’avion sur l’écran n’avançait pour ainsi dire pas. Et je suis arrivée. J’ai humé l’Europe et j’ai renoué instantanément avec mon amour du vieux continent, j’en étais à ma deuxième visite et, à la différence du premier exode, Christian n’était pas auprès de moi. Il m’attendait quelque part où nous ne venions pas à bout d’aller faute d’un bagage égaré ou de je ne sais quoi encore. Le trajet d’autobus vers Paris, qui a dû prendre au plus une quarantaine de minutes, m’a semblé aussi long que le vol. Mais voilà qu’il était là, tout sourire, basané, plus beau que jamais.

Oui, j’y retournerais. Par nostalgie du voyage il va s’en dire, mais pour bien d’autres raisons encore.

 

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2 Commentaires

  • Répondre
    Christian
    20 avril 2018 à 10 h 50 min

    Ah. Tsé. Je t’aime. ♡
    (Et vive la France!)

    • Répondre
      Martine
      20 avril 2018 à 20 h 33 min

      ♡ T’es plus beau en France tsé.

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