Sous mon toit

« Wall of fame »

Mur de photo maisonIl y a quelque temps, j’ai reçu mes amies à la maison. Je m’étais portée volontaire pour être l’hôte de nos retrouvailles communes avec une amie de longue date exilée dans la Métropole depuis bon nombre d’années déjà. Nous ne l’avions pas vu depuis Mathusalem et nous étions donc folles de joie de nous réunir autour d’une table couronnée de la plus belle pavlova qui soit, quoi qu’en ait pensé son auteure, découragée par un léger affaissement.

Toujours est-il que nous étions là, fébriles et promtes à passer du coq à l’âne, lorsque j’ai entendu une amie dire à notre invitée spéciale, sur un ton humoristique, mais senti : « Je souhaitais tellement que Martine nous invite chez-elle pour que tu voies à quel point elle a réussi sa vie. » Le temps s’est figé. Surprise, j’ai répété ses dires en éclatant de rire et en balayant le tout du revers de la main, ou pas, je ne sais plus. Il est également probable que je me sois réfugiée, stupéfaite, dans la préparation de mes blinis au saumon fumé, histoire d’assimiler ses dires en solo.

Étant perpétuellement en quête de quelque chose, je peinais à concevoir que l’on me considère comme accomplie. D’ailleurs, jusque-là, j’aurais pu jurer que les gens attendaient que ma vie prenne son envol et qu’ils étaient même d’avis qu’il était grand temps que ça se fasse.

Pourquoi un tel décalage entre le propos de mon amie et le sentiment d’urgence qui m’anime? Je suis trop exigeante? Trop ambitieuse? Toujours est-il que je me fais un peu plus clémente à mon endroit depuis. Pas forcément parce que je trouve ma vie réussie, mais parce qu’il est vrai que je ne me suis pas souvent assise sur mes lauriers ces dernières années et que je gagnerais certainement à porter attention au chemin parcouru, non pas pour le mesurer, mais pour l’apprécier tel qu’il est.

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2 Commentaires

  • Répondre
    Danielle
    18 février 2017 à 11 h 21 min

    J’ai déjà reçu ce même type de commentaires et comme toi ça m’avait chamboulé, car à ce moment-là et pas plus aujourd’hui d’ailleurs, je ne me considérais comme parfaite. On voit l’extérieur, l’emballage, chez les autres, mais pas l’intérieur.

    • Répondre
      Martine
      20 février 2017 à 19 h 59 min

      Il serait génial de pouvoir emprunter les yeux (et l’objectivité) des gens qui nous entourent pour nous regarder avec plus de clémence…

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