Sous mon toit

Silence radio

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Je voudrais pouvoir taire la voix dans ma tête qui parvient trop souvent à me faire croire que je n’ai rien de bien intéressant à dire, que je ne suis pas plus drôle que pertinente. C’est d’ailleurs pour cette raison que je me tourne vers l’écriture. De un, parce que ça me donne le loisir de mieux contrôler mon discours, de deux, parce qu’il est plus facile pour moi d’imaginer quiconque interrompre sa lecture que de me demander de me taire.

Je sais pourtant que n’est pas plus rationnelle que souhaitable, cette prédisposition que j’aie à me réduire au silence. D’autant que le problème n’est pas dans la forme; je prends la parole avec éloquence selon certains, il est plutôt dans le fond. Dans le fait que je ne parvienne pas à me convaincre que j’aie quoi que ce soit à dire qui vaille l’écoute. J’ai un égo omniprésent qui teinte d’incertitude chacune de mes potentielles prises de parole, me privant d’inspiration et de spontanéité.

Paradoxalement, je continue de souhaiter occuper la tribune et je cherche même activement des occasions de le faire. Angoissée à l’idée de m’exprimer devant plus d’une personne, je me mets toujours dans des situations qui me contraignent à exister dans l’espace public. Quand ce n’est pas l’animation radio bénévole qui l’impose, c’est mon travail de communicatrice ou encore une participation à une télé-réalité.

Cette dichotomie étonne d’autant que les gens ne la mesurent qu’une fois que je l’ai exposé moi-même. À défaut, ils me croient zen et groundée. Les gens n’entendent rien du cœur qui veut me sortir de la poitrine ni de la voix qui assaille mon cerveau questionnant à perpétuité ce que je dis, pense dire ou aurais dû dire…

Mon copain me dit que c’est le syndrome de l’imposteur. Peut-être.

 

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