Sous mon toit

Les larmes du lundi

Les larmes du lundi

Il n’y a pas un lundi matin où mon adorable fille ne pose pas ses grands yeux verts interrogateurs sur moi en me demandant: « Est-ce que c’est ce matin qu’on va chez Sophie? » CE matin. Il y a en pourtant plusieurs où elle va au service de garde. Quatre surs. Cinq probables.

Du haut de ses trois ans bientôt quatre, elle redoute déjà le lundi, ce matin qui amorce son chemin de croix hebdomadaire juvénile. Et, chaque fois, je fais preuve du même enthousiasme synthétique qui ne la convainc plus depuis longtemps.

Si mon conjoint me disait lorsque je pousse un soupir de nostalgie pour feu le week-end: « T’inquiètes, tu vas retrouver tes amis, ce sera amusant! ». Je lui dirais probablement que ce sont des amis circonstanciels, que je ne les ai pas choisis et que, avoir à choisir, je resterais sûrement dans le confort de mon foyer avec les miens.

Empathique, j’en viens toujours à ranger mon enthousiasme à trois sous pour me pencher à sa hauteur et lui dire qu’elle a raison d’avoir le coeur gros. Que ce n’est pas idéal d’aller au service de garde, pas plus que ce n’est idéal d’aller travailler. Seulement, c’est nécessaire. Je lui dis aussi que l’on peut se réjouir d’avoir partagé de si bons moments pendant les congés et que ce n’est que partie remise, heureusement.

(Elle ne sait pas la tonne de briques que j’ai dans l’estomac après la traditionnelle grimace dans la fenêtre du service de garde.)

Les larmes du lundi, elles sont familiales.

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